Le statut légal des drones : une question complexe et en constante évolution


Depuis quelques années, les drones connaissent un essor fulgurant et sont de plus en plus utilisés dans divers domaines tels que la photographie, la surveillance, l’agriculture ou encore la livraison. Face à cette montée en puissance, il devient fondamental de s’intéresser au statut légal de ces engins volants. Cet article a pour objectif de vous fournir un tour d’horizon complet sur les régulations et les législations encadrant l’utilisation des drones en France et dans le monde.

Les différents types de drones

Il est important de distinguer les différents types de drones pour mieux comprendre la réglementation qui leur est applicable. On peut catégoriser les drones selon plusieurs critères tels que leur taille, leur poids ou encore leur utilisation. Toutefois, on retiendra ici deux grandes catégories :

  • Les drones civils : ce sont ceux qui sont utilisés à des fins non militaires ni gouvernementales. Ils peuvent être employés par des particuliers (loisirs) ou des professionnels (prises de vues aériennes, inspection d’infrastructures, etc.).
  • Les drones militaires : ils sont généralement utilisés par les forces armées pour des missions de reconnaissance ou d’attaque.

Le statut légal des drones en France

En France, la législation encadrant l’utilisation des drones civils est relativement récente et a connu plusieurs évolutions ces dernières années. Ainsi, l’arrêté du 17 décembre 2015, modifié par l’arrêté du 18 mai 2018, fixe les règles d’utilisation des drones civils en France.

Ces arrêtés distinguent deux catégories de drones civils :

  • Les drones de loisir : ceux utilisés à des fins de divertissement ou de compétition sans finalité commerciale.
  • Les drones professionnels : ceux utilisés à des fins commerciales ou non, mais dans le cadre d’une activité professionnelle (prises de vues aériennes, inspection d’infrastructures, etc.).

Règles applicables aux drones de loisir

En France, l’utilisation des drones de loisir est soumise à certaines conditions et restrictions :

  • Ne pas survoler des personnes : il est interdit d’utiliser un drone à moins de 30 mètres au-dessus d’une personne non impliquée dans l’opération.
  • Respecter les zones interdites : les zones militaires, les centrales nucléaires ou encore les réserves naturelles sont interdites de survol. Une carte interactive est disponible sur le site du gouvernement pour connaître les zones autorisées et celles qui ne le sont pas.
  • Voler en vue directe : le pilote doit garder son drone à portée de vue et ne pas dépasser une altitude maximale de 150 mètres.
  • Pas d’utilisation la nuit : il est interdit de voler avec un drone de loisir la nuit.
  • Respecter la vie privée : les personnes filmées ou photographiées doivent être informées et donner leur consentement préalable.

Règles applicables aux drones professionnels

Pour les drones professionnels, la législation est plus stricte :

  • Obtenir une autorisation de vol : le pilote doit déclarer son activité auprès de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) et obtenir une autorisation spécifique pour chaque mission.
  • Formation obligatoire : le pilote doit suivre une formation et obtenir un certificat d’aptitude théorique.
  • Assurance responsabilité civile : le détenteur d’un drone professionnel doit souscrire une assurance couvrant sa responsabilité civile en cas de dommages causés à des tiers.
  • Respecter les règles spécifiques aux zones géographiques concernées : certaines zones peuvent nécessiter des autorisations spécifiques pour être survolées par des drones professionnels.

Le statut légal des drones à travers le monde

La régulation des drones varie selon les pays. Certains ont adopté une législation très stricte, comme l’Australie qui impose aux opérateurs de drones civils de posséder un certificat d’opérateur et une licence pour piloter un drone. D’autres pays sont plus permissifs, comme les États-Unis où la Federal Aviation Administration (FAA) a mis en place un système d’enregistrement simplifié pour les drones civils de moins de 25 kg.

En Europe, l’Agence Européenne de la Sécurité Aérienne (EASA) a établi un cadre réglementaire harmonisé pour les drones civils, entré en vigueur en janvier 2021. Ce règlement européen distingue trois catégories d’opérations :

  • Les opérations ouvertes : celles qui présentent un faible risque et ne nécessitent pas d’autorisation préalable.
  • Les opérations spécifiques : celles qui présentent un risque moyen et nécessitent une autorisation préalable de l’autorité nationale compétente.
  • Les opérations certifiées : celles qui présentent un risque élevé et requièrent une certification de l’EASA et une autorisation de l’autorité nationale compétente.

Enjeux futurs pour le statut légal des drones

Au vu du développement rapide des technologies liées aux drones, il est fort à parier que la législation continuera à évoluer pour s’adapter aux nouveaux usages. Parmi les principaux défis à relever figurent la gestion du trafic aérien des drones, la sécurité des données collectées ou encore la protection de la vie privée. Les gouvernements devront également veiller à trouver le juste équilibre entre encadrement et innovation, afin de permettre aux entreprises du secteur de continuer à se développer tout en garantissant la sécurité et le respect des droits fondamentaux des citoyens.

Les drones sont aujourd’hui un enjeu majeur tant pour les particuliers que pour les professionnels. Leur statut légal est en constante évolution et il est primordial de rester informé des dernières régulations pour utiliser ces engins de manière responsable et légale. Si vous envisagez d’utiliser un drone à des fins professionnelles ou récréatives, n’hésitez pas à consulter les textes législatifs en vigueur dans votre pays et à suivre l’évolution du cadre réglementaire.


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